Ils développent un système complexe visant à contrôler une chaise roulante grâce aux mouvements des yeux.

Au cours de leur 2e année de formation à l’ENSTA Bretagne, les élèves-ingénieurs travaillent une journée par semaine sur un projet. L’équipe « SWC2 » composée de 6 étudiants de la filière SPID a ainsi développé un système complexe visant à contrôler une chaise roulante grâce aux mouvements des yeux. Outre la création d’un système et le développement de codes sous MATLAB, C,… les élèves ont dû imaginer des solutions innovantes en se basant sur des cartes de système embarqué.

Dans le cadre du projet industriel de 2e année, Suleyman, Mohammed, Florian, Matthieu, Ghizlane et Damien collaborent pour développer un système permettant de contrôler une chaise roulante par la pensée.

Ce projet, imaginé par Ali Mansour, enseignant-chercheur à l’ENSTA Bretagne semble futuriste. Pourtant, les récentes avancées laissent envisager des tests sur prototypes prochainement.

Afin de maîtriser ce sujet et les enjeux du domaine, le groupe d’étudiants s’est d’abord plongé dans la littérature (état de l’art). Ils ont également travaillé sur l’ingénierie système : Comment procéder ? De quelle manière ? Avec quel planning ?  Quel budget ? Avec quelle organisation interne ?…
Cette première phase de 6 mois leur a permis de bien cadrer leur intervention. Ils ont notamment défini, avec l’aide d’Ali Mansour, de se concentrer non pas sur les signaux EEG (de l’électroencéphalogramme) mais plutôt sur ceux des yeux. Ces derniers sont en effet, moins complexes à traiter (moins d’interférences liées au stress, à l’état de fatigue…). 

Le second semestre a été consacré à la phase technique avec deux grandes parties :
1-    le contrôle par le muscle des yeux,
2-    la conception du système embarqué.

Pour chaque mouvement de l’½il, les étudiants ont associé une action du fauteuil (exemples : regarder à droite pour tourner à droite, cligner deux fois des yeux pour s’arrêter…) ce qui leur a permis de définir une base de données. Ils ont également dû travailler sur le recueil de ces signaux, leur analyse et le contrôle commande. Parmi les difficultés rencontrées dans cette partie, il y a notamment le fait de réussir à distinguer les mouvements volontaires des autres (clignements naturels des yeux par exemple).

Dans un premier temps, les élèves-ingénieurs se sont concentrés sur un développement logiciel sous MATLAB (traitement des données en différé), puis ils ont ensuite codé en langage C (temps réel).

L’un des plus grands défis de ce projet est de réussir à faire communiquer les cartes entre elles. S’agissant d’innovation, les étudiants ne peuvent s’appuyer sur aucun historique : « Il est vrai que nous rencontrons de nombreuses difficultés (techniques ou matérielles), mais cela ne nous fait pas baisser les bras, au contraire ! L’intérêt est d’imaginer sans cesse de nouvelles solutions et de les tester pour atteindre nos objectifs ».