20-09-2016

Explorer Guerlédan : le nouveau projet interdisciplinaire qui associe hydrographie et robotique

Hydrographes : relevés de mesures depuis la vedette hydrographique ENSTA Bretagne

Cartographier le lac de Guerlédan, c’est la mission qui va être confiée cette année aux élèves-ingénieurs hydrographes et roboticiens de l’ENSTA Bretagne. Un projet inédit qui invite deux communautés scientifiques à travailler ensemble sur une expérience grandeur nature.

Une besoin croissant de connaissance

Ce projet d’application pluridisciplinaire doit contribuer à l’amélioration des pratiques d’observation sous-marine. En fusionnant pour la première fois deux disciplines complémentaires, la robotique et l’hydrographie, l’ENSTA Bretagne propose un cadre novateur, favorable au développement des technologies et méthodologies d’observation acoustique et optique, dans lesquelles la robotique autonome joue un rôle croissant.

 « Nos métiers évoluent et deviennent très complémentaires. Les hydrographes utilisent de plus en plus de robots télé-opérés pour réaliser des levés hydrographiques. Avec l’arrivée des AUV (robots sous-marins autonomes), nous allons pouvoir accéder à des zones jusqu’à présent inaccessibles. Mais, pour que les données recueillies soient fiables et correctement traitées, il est essentiel que nous collaborions avec les roboticiens » explique Irène Mopin, ingénieur de recherche en hydrographie à l’ENSTA Bretagne.

Le défi : voir et se localiser sous l’eau

On connaît mieux la surface de Mars que le fond des océans. Les signaux GPS utilisés sur terre sont absorbés par l’eau de mer au bout de quelques centimètres. Le défi majeur du robot sous-marin est de se localiser. Pour observer le fond de l'océan et localiser un engin sous l’eau, il est nécessaire d’utiliser des ondes acoustiques. C’est le rôle des hydrographes et acousticiens dont les moyens technologiques et méthodes ne cessent de se développer.

Ainsi, afin de couvrir le plus largement possible les fonds et les rives des océans, qui constituent 70% de la surface de notre planète, ils se dotent de matériels à la pointe, pour améliorer la qualité des levés, gagner en résolution et en temps, et réussir à limiter l’intervention humaine dans les situations dangereuses (grandes profondeurs, forts courants, etc.).

Toutes les compétences sont réunies sur le campus ENSTA Bretagne

Le plus souvent enseignées dans des cursus universitaires différents, hors de France, l’ENSTA Bretagne fait exception en réunissant sur son campus toutes les disciplines technologiques liées à l’observation des fonds marins : méthodes d’acquisition de données sous-marines, traitement et fusion des données, analyse d’images sous-marines, développement d’algorithmes spécifiques au déplacement de robots sous-marins autonomes, fonctionnement des capteurs sous-marins (acoustique sous-marine). L’école forme également des ingénieurs systèmes capable de concevoir la mécanique et l’électronique des robots.

Une expérience unique soutenue par EDF et de nombreux partenaires industriels* 

Séduit par cette initiative et le défi technologique qu’elle représente, EDF soutient ce camp d’exploration du lac, de ses berges et de ses infrastructures sous-marines. 

« Cela ouvre la voie à de nombreux travaux collaboratifs. EDF nous a déjà confié plusieurs sujets, en lien avec notre projet d’exploration à Guerlédan. L’intervention de robots autonomes, permettrait dans certains cas, de limiter les interventions humaines dans les zones à risques, ou encore, de déployer régulièrement des robots pour une acquisition en continue de données, le tout à faible coût » précise Thomas Le Mézo, doctorant en robotique au Lab-STICC/ENSTA Bretagne.

Les entreprises qui recrutent les ingénieurs ENSTA Bretagne en acoustique sous-marine, systèmes embarqués, robotique et hydrographie sont également partenaires : BOSKALIS, CARIS, IXBLUE, KONGSBERG, METEO FRANCE, QPS, RTSYS, SBG SYSTEMS, SHOM, TERIA et THALES. D’autres partenaires sont attendus.
 

   

Les levés hydrographiques seront réalisés in situ sur 2 périodes :

  • du 17 au 21 octobre 2016 et
  • du 6 au 10 mars 2017.

L’expérience sera probablement reconduite sur l’année scolaire 2017/2018 pour compléter les données. Une collaboration avec des universités internationales sur ce projet est à l’étude.

 

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